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Gestion du risque

Slippage et coûts d'exécution dans le trading de futures

Ce qu'est le slippage, l'effet du spread, de la liquidité, des annonces et de la latence sur votre prix réel, et comment mesurer et réduire vos coûts d'exécution.

WeCore·Publié le ·6 min de lecture

Quiconque est passé du backtest au trading réel connaît ce moment : la stratégie devait entrer à un prix, et l'exécution est revenue à un autre. Cet écart, auquel s'ajoutent commissions et frais de bourse, constitue votre coût d'exécution, l'une des forces les plus discrètes qui rongent les résultats. Cet article décompose le coût d'exécution, montre comment le mesurer et présente ce que vous pouvez faire pour le réduire.

Qu'est-ce que le slippage

Le slippage (ou glissement) est la différence entre le prix attendu et le prix auquel votre ordre a réellement été exécuté. Si une stratégie envoie un ordre d'achat alors que NQ cote 20 000,00 et que l'exécution arrive à 20 000,75, vous avez glissé de trois ticks en votre défaveur. Le slippage peut aussi jouer en votre faveur, mais avec des ordres au marché dans des conditions rapides, il est généralement négatif.

Il est important de comprendre que le slippage n'est pas un « bug ». C'est une conséquence naturelle du fonctionnement du carnet d'ordres : chaque niveau de prix contient un nombre limité de contrats. Quand vous exigez une exécution immédiate, vous prenez ce qui est disponible, et si le premier niveau est trop mince ou si le prix bouge avant l'arrivée de votre ordre, vous obtenez un autre prix.

Les types d'ordres et leur effet sur l'exécution

Le type d'ordre est la première décision qui détermine le slippage que vous allez subir.

  • Ordre au marché : garantit l'exécution, pas le prix. Utile quand il faut entrer ou sortir immédiatement, mais totalement exposé au slippage que le marché impose.
  • Ordre à cours limité : garantit votre prix ou mieux, pas l'exécution. Pas de slippage négatif, mais le prix peut toucher votre niveau et repartir sans vous servir, ou ne vous servir que partiellement.
  • Ordre stop : devient un ordre au marché dès que le prix touche le niveau. C'est pourquoi un stop-loss lors d'un mouvement violent peut être exécuté bien au-delà du niveau fixé.
  • Ordre stop limite : plafonne le prix d'exécution après déclenchement, mais lors d'un mouvement extrême il peut ne pas être exécuté du tout, ce qui est particulièrement dangereux pour sortir d'une position perdante.

Il n'existe pas de type d'ordre « idéal ». Une stratégie de cassure a généralement besoin de la certitude d'exécution, tandis qu'une stratégie qui entre sur un retour vers un niveau peut fonctionner avec des limites. Le choix doit être réfléchi et documenté, pas un réglage par défaut.

Spread, liquidité et impact de marché

Le spread acheteur-vendeur est l'écart entre le prix le plus élevé qu'un acheteur accepte de payer et le prix le plus bas qu'un vendeur accepte. Sur des contrats liquides comme ES ou NQ pendant la séance principale, il est généralement d'un tick, mais la nuit, autour de l'ouverture ou sur des contrats moins liquides, il peut s'élargir.

La liquidité correspond au nombre de contrats disponibles autour du prix actuel. Plus votre ordre est gros par rapport à cette liquidité, plus il « mange » de niveaux de prix. C'est ce qu'on appelle l'impact de marché. Pour un trader avec un ou deux contrats MNQ, l'effet est la plupart du temps négligeable, mais celui qui copie des ordres sur plusieurs comptes à la fois passe en réalité un ordre plus gros, et cela commence à compter.

La liquidité varie au fil de la journée. Il est utile de connaître les séances de trading des futures et de garder à l'esprit que le marché à trois heures du matin se comporte très différemment de la première demi-heure de la séance régulière.

Annonces, volatilité et latence

Autour des grandes publications économiques, le carnet peut se vider en une fraction de seconde. Acheteurs et vendeurs retirent leurs ordres, le spread s'élargit et le prix saute plusieurs niveaux d'un coup. Un ordre au marché ou un stop envoyé à cet instant peut être exécuté loin de vos attentes. C'est pourquoi de nombreux traders, et certaines prop firms, évitent les nouvelles entrées dans les minutes qui précèdent et suivent les annonces importantes. Vérifiez les règles de votre firme dans son centre d'aide officiel.

La latence est le temps écoulé entre la création d'un signal et l'arrivée de l'ordre à la bourse. Une chaîne automatisée comporte plusieurs maillons : génération de l'alerte, livraison du webhook, traitement de l'ordre et connexion au courtier. Chaque maillon ajoute du temps, et sur un marché rapide, chaque milliseconde laisse au prix l'occasion de bouger. C'est l'une des raisons pour lesquelles certains traders choisissent de faire tourner leurs stratégies sur leur propre serveur, dans une région proche de la bourse.

Commissions et frais de bourse

Au-delà du slippage, chaque trade comporte des coûts directs : commission du courtier, frais de bourse, frais de compensation et parfois frais de plateforme ou de données. Par contrat, ils sont faibles, mais une stratégie qui trade plusieurs fois par jour les ressent nettement. Calculez le coût total par aller-retour (entrée plus sortie) et intégrez-le à chaque test historique.

Exemple hypothétique : supposons que le coût total d'un aller-retour soit un montant fixe X et qu'une stratégie fasse dix trades par jour. Sur un mois de bourse d'environ vingt jours, cela représente deux cents trades, soit 200X de coûts, avant même le moindre tick de slippage. Si le gain moyen par trade dans le backtest est proche de X, la stratégie en réel risque d'être à l'équilibre, voire perdante.

Mesurer le slippage dans votre propre journal

On ne peut pas améliorer ce qu'on ne mesure pas. Voici une méthode simple :

  1. Pour chaque trade, notez le prix « visé » par le signal : la clôture de la bougie qui a généré le signal, ou le niveau de la limite ou du stop.
  2. Notez le prix d'exécution réel figurant sur le relevé de votre courtier.
  3. Calculez la différence en ticks, avec un signe : positive en votre faveur, négative en votre défaveur.
  4. Notez l'heure, le type d'ordre, la taille de position et la présence éventuelle d'une annonce à proximité.
  5. Après quelques dizaines de trades, calculez le slippage moyen par moment de la journée et par type d'ordre.

Le résultat peut montrer, par exemple, que les entrées à l'ouverture vous coûtent plus cher que celles de milieu de journée, ou que les stops sont exécutés plus loin que les prises de profit. C'est une information exploitable. Réinjectez ce même chiffre dans vos tests ; plus de détails dans l'article backtest ou trading réel.

Comment réduire les coûts d'exécution

  • Choisissez le type d'ordre adapté à la stratégie, et non celui que vous utilisez par habitude. Vérifiez si certaines entrées peuvent se faire à cours limité.
  • Évitez de trader dans les créneaux peu liquides ou autour des annonces, sauf si la stratégie est conçue pour cela.
  • Utilisez les micro-contrats quand vous avez besoin d'un dimensionnement plus fin, et fractionnez les gros ordres si nécessaire.
  • Raccourcissez la chaîne d'exécution : moins de maillons, moins d'attente et un serveur stable.
  • Intégrez slippage et frais à vos tests comme hypothèse prudente, pour garder des attentes réalistes.
  • Réexaminez régulièrement les données, car les conditions de marché évoluent et ce qui est vrai aujourd'hui ne le sera peut-être plus dans six mois.

À retenir

  • Le slippage fait partie intégrante du trading, ce n'est pas un bug. Il découle de la liquidité, de la vitesse du marché et du type d'ordre.
  • Les ordres au marché et les stops sont exposés au slippage ; les ordres limités au risque de non-exécution.
  • Les annonces et les heures peu liquides élargissent le spread et augmentent le risque d'exécutions lointaines.
  • Les commissions et frais de bourse s'accumulent vite sur les stratégies à haute fréquence.
  • Mesurez le slippage dans votre journal par horaire et par type d'ordre, puis réinjectez les chiffres dans vos tests.

WeCore exécute les signaux de TradingView ou de vos propres stratégies directement sur votre compte de courtier ou de prop firm, et le moteur peut aussi tourner sur un serveur cloud dans votre propre compte. Une première étape raisonnable consiste à utiliser le mode simulation et à comparer les prix d'exécution aux signaux avant de passer sur un compte réel.

Sources et lectures complémentaires